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Docteur Patrick BARAF

Siliconnerie ou le principe de précaution extrême Version imprimable

(article paru dans le Quotidien du médecin)

Les implants mammaires en gel de silicone innocentés, il faut le voir pour y croire ; retour sur une histoire où l’on ne compte plus les plumes perdues... 

DATES MARQUANTES :

1992 : les USA bannissent l’utilisation des implants mammaires en gel de silicone au prétexte qu’il pourraient provoquer des maladies auto-immunes ; en fait un certain nombre de femmes américaines présentaient quelques anomalies de santé étranges et non expliquées ; il se trouve que parmi elles, femmes relativement jeunes, certaines étaient également porteuses d’implants d’augmentation mammaire.
Statistiquement, surtout aux USA, cette conjonction devait se trouver facilement considérant le nombre élevé de prothéses mammaires posées chaque année.La relation entre ces maladies non expliquées et la présence de silicone a donc soudain sauté aux yeux de certains.
Mais oui, et c’est bien sûr, les silicones sont les responsables, il  faut les interdire séance tenante et prévenir les voisins !!Le Canada, pour des raisons d’identité et de proximité suivit naturellement.Parmi les autres pays prévenus, SEULE, la France, dont le Ministre de la Santé de l’époque était Bernard Kouchner, a ouvert un parapluie, que dire, un parasol de protection, au nom du principe de précaution. Nul effet des Anglais, Allemands, Italiens,  ou Espagnols qui  pourtant riaient d’une telle précipitation ; que de situation cornéliennes extrèmes a-t-on vues se développer dues à cette panique médiatico-commerciale, puisqu’il  faut bien voir où était l’intérêt des nombreux avocats dans l’histoire. Que de femmes opérées à tort, effrayées par le tapage, et pourtant porteuses d’implants parfaitement supportés, que de situation de panique réelle les chirurgiens ont-ils vues, que de voyage à l’étranger, réalisés pour placer des implants chez des demandeuses malgré l’interdiction, les chirurgiens français ayant un diplôme  reconnu dans les pays limitrophes. Et tout çà pour çà :

Décembre 2000, M6, chaine télévisée de notre pays annoncait le retour du silicone-gel dans les implants mammaires. Scoop s’il en était, ce retour signait la fin des problèmes vus, découverts avec les implants remplis de serum physiologique, dégonflements, vagues et compagnie. Oui, bien sûr certains chirurgiens les ont toujours préférès, ces implants gonflables ou préremplis, mais que d’ennuis, de réinterventions pourtant que les tenants des silicones ont  pu apprécier alors qu’ils les ignoraient auparavant. Et malgré tout, peut-on dire que la demande se soit à nouveau révélée à son niveau d’avant la crise, alors que c’était une des interventions les plus demandées, transformant réellement la vie des femmes ? Combien, encore une fois aurait-on pu éviter d’interventions inutiles chez des femmes bien portantes poussées parfois, comme je l’ai vu, à des actes itératifs ?

Novembre 2006, quartorze années plus tard, aux USA, voici la FDA qui annonce la réintroduction du silicone-gel dans les implants d’augmentation mammaire à la fois pour raison esthétique ( à partir de 22 ans, point intéressant à étudier, pourquoi 22 ?) et pour raison de reconstruction ; cette réintroduction aussi bien en France que aux USA faisant suite à une période d’études intenses destinées à prouver l’innocuité de ce gel.
C’est chose faite, mais aussi le mal est fait : quelques faillites plus tard ( chirurgiens reconvertis, sociétés industrielles, telles Dow Corning), quelques « billions » de dollars plus tard ( à qui  ont-ils profité ?), les grand retour ; les femmes y ont-elles gagné ?

Peut-être en certitude sur l’absence de risque, (on savait que point de cancers provoqués), de type immunitaire, sur la nouvelle solidité des enveloppes (aussi  en sillicone) qui  avaient autrefois péché par manque de solidité, sur la cohésivité de ces gels, qui ne coulent plus et ne se verront plus se répandre dans l’organisme où ils pouvaient migrer.Positif ? où se trouve le positif dans une épidémie de peurs inexpliquées et irraisonnées à contagiosité aberrante bien que limitée à quelques pays ?Qu’y a-t-il à dire et redire sinon à se gausser devant la profonde stupidité d’un comportement humain qui trouve son origine, à mon avis, dans le ratage de l’action qui aurait été souhaitable lorsque les mêmes américains nous avaient prévenus vers les années 1985 de la nécessité de chauffer le sang transfusé afin d’éviter le SIDA, nouvelle maladie dans laquelle nous n’avons pas cru.

Un roman serait à écrire, espèrons  qu’il le sera, léguant à la postérité cette page d’histoire de la médecine, ecrite autour de cette caractéristique sexuelle à laquelle tous, nous tenons tant :Les seins, leur existence, leur manque, leur évolution, leur fonction ; la mode, avec, puis sans, trop petits, trop gros, trop bas, Symboles inaltérables de la féminité, pouvait-on éviter de telles péripéties quelque part aussi sous-tendues par les comportements d’envie, de jalousie ou le bien penser plus ou moins coupable d’une Amérique encore hypocrite ?Allons, allez, courons, courrez vous faire opérer, puisqu’il n’y a pas d’autre solution, la voie vers la lingerie affriolante, la sensualité le bien-être et l’AMOUR est à nouveau ouverte.

                                               P Baraf Chirurgien Plasticien. Paris

 
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